Manuel du gréviste

Les cinq règles d’or à respecter

Suite à la demande de plusieurs collègues sur les modalités pour faire grève, la CGT rappelle qu’il faut au minimum être deux et présenter des revendications sur le motif de la grève.
Afin que cette action soit le plus efficace possible, voici les cinq règles d’or à respecter :

  1. Prévenir Proservia à la dernière minute
    Dans le privé, il n’y a aucun délai légal de prévenance, il faut en profiter.
    Lorsqu’on décide de faire grève, il faut informer son employeur au dernier moment.
    Exemple : « Voici nos revendications, nous vous informons que nous sommes en grève pour une durée de (…) ».
    Le faire à la dernière minute est capital, puisque Proservia :
    – sera gêné pour réorganiser le travail et remplacer les salariés grévistes ;
    – aura du mal à faire pression sur les collègues les plus timides afin qu’ils renoncent à se battre.
  2. Le relationnel avec le client, ce n’est pas vos oignons
    Ne surtout pas appeler le client pour le prévenir – ou s’excuser – que l’on fait grève.
    Faire grève est un droit constitutionnel.
    Même dans le cas d’un contrat en régie, les salariés Proservia sont les subordonnés d’un manager Proservia uniquement, et non pas du client.
    C’est donc à Proservia de se débrouiller pour appeler le client et lui dire que la prestation n’aura pas lieu, certainement pas au salarié gréviste.
    Nous pouvons aussi faire en sorte que la CGT du client communique à ce sujet, cela fera « son petit effet ».
  3. Préparation de la grève / durée / reprise du travail
    Proservia ayant pour habitude de jouer la carte du pourrissement, il vaut mieux prévoir des réserves pour économiser ses forces afin de pouvoir faire durer le conflit le plus longtemps possible.
    Exemple : plutôt que de faire une journée de grève, on peut le faire par tranche de demi-journées, cela obligera Proservia d’informer à deux reprises ses clients qu’il y a grève de son personnel.
    Si un salarié ne veut plus faire grève, il retourne à son poste et signale par écrit qu’il reprend le travail.
  4. Ne pas céder au chantage du style : « on va perdre le client »
    La tactique n°1 chez les ESN, c’est de faire peur aux salariés en pipeautant que si l’on fait grève, on va perdre le client, soyez responsables, bla-bla-bla…
    A chaque fois qu’un mouvement a eu lieu chez Proservia, le contrat n’a jamais été perdu. Il a toujours été renouvelé / prolongé au moins une fois.
    Et bien entendu, il est strictement illégal de menacer un salarié parce qu’il fait grève (ex : « je vais te sortir du compte »). Si un de vos responsables outrepasse cette règle, il faut nous le signaler immédiatement.
  5. Faire bloc au moment des négociations
    Ne laissez jamais un ou deux collègues aller tout seul au front face à la direction Proservia pour négocier, allez y toujours au minimum à quatre.
    Les autres doivent attendre devant la porte pour montrer que l’équipe est solidaire. Les négociateurs doivent régulièrement quitter la salle pour rendre compte aux collègues et décider ensemble des réponses à donner.
    Pour tout mouvement de grève, essayez de prévenir longtemps à l’avance vos élus CGT afin que le jour J, ils puissent être présents à vos côtés.

    Historique du droit de grève

14 juin 1791 : instauration du délit de coalition par la loi Le Chapelier.
24 mai 1864 : abrogation du délit de coalition et instauration du droit de grève par Napoléon III avec la loi Ollivier, que suivra la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats en France (1884).27 octobre 1946 : le droit de grève est pleinement reconnu dans la constitution (« Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent », alinéa 7 du préambule).
3 janvier 1966 : art. 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
7 décembre 2000 : art. 28 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
21 Octobre 2016 : art.99 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Vous trouverez plus d’infos sur le droit de grève en cliquant sur ce lien.

Petit rappel de l’action des techniciens itinérants

En mai 2016, la direction Proservia négociait avec les organisations syndicales l’accord sur le temps de travail concernant les techniciens itinérants.
Proservia voulait entre autre imposer des temps de trajets journaliers de deux fois 1h30 en plus des 7 heures d’intervention, sans que ces derniers soient reconnus comme temps de travail.
Les techniciens itinérants était mécontents, et ont massivement participée à une grève surprise lors d’une journée de négociation syndicats / direction, leurs revendications avaient été retransmises par la CGT.

Ces salariés n’ont pas hésité planter les clients en pleine intervention pour se mettre en grève à l’heure convenue. Des élus CGT coordonnaient le mouvement. Un joyeux bazar à gérer pour la direction…

Au final, nos collègues ont obtenu :

  • le paiement du temps de trajet au-delà de 30 minutes (au lieu de 1h30) ;
  • prime panier à 13 € (au lieu des 8 € prévus) ;
  • prime administrative de 60 €.

Cette lutte est un bel exemple à suivre…

Scénario fictif d’une grève chez Proservia

La CGT est souvent sollicitée sur la question du droit de grève par des collègues travaillant en CDS.
Ce qui est logique, vu qu’il s’agit de l’une des populations les plus mal payées…

Une équipe d’un CDS pourrait décider de se mettre en grève tous les lundi matins (ou autre jour de très grosse activité chez les clients concernés).
En perdant deux jours de salaire dans le mois, les grévistes impacteraient la production sur quatre journées.
Le fait de choisir le jour où il y a le plus d’activité impacterait fortement les chiffres du compte client (SLA, pénalités, et tout le toutim…).
Pour la direction Proservia, l’argent est le nerf de la guerre. Il faut taper là où ça fait mal.

Si en parallèle les clients reçoivent pour chaque jour de grève, une communication de la part de leur syndicat CGT qui les informe que les salariés de son prestataire Proservia ont arrêté le travail, les équipes commerciales ne pourraient pas noyer le poisson.

Et si en plus les collègues d’autres CDS décidaient d’en faire de même, Proservia ne pourrait pas transférer les appels de l’équipe gréviste vers une autre pour essayer de casser le mouvement.

Ceci n’est qu’une fiction, la CGT ne se permettrait jamais de cautionner ce genre de pratiques…

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