Une réforme loin des besoins des usagers

La réforme ferroviaire du gouvernement ne comporte rien sur les objectifs de report modal (donc de croissance du mode ferroviaire) seule solution à l’évidence pour résoudre l’équation environnementale. 

 

La fin des lignes de proximité voyageurs et fret ?

Pire, la réforme fait l’impasse sur le financement des lignes de proximité, renvoyant aux régions et à un futur débat parlementaire le traitement de cette question pourtant centrale. En effet, 40 % des marchandises circulent sur ces lignes et leur disparition mettrait encore plus en péril le transport ferroviaire de marchandises. La pertinence de ces lignes est évidente, elles sont structurantes pour le Réseau Ferré National, permettent d’envisager un développement du transport par le rail voyageurs et marchandises, participent à l’aménagement du territoire.

Le gouvernement veut EN FINIR AVEC LE FRET SNCF !

La libéralisation du fret ferroviaire et l’ouverture à la concurrence (en 2003 pour les trafics internationaux, en 2006-2007 pour les trafics intérieurs) n’ont pas amélioré la situation, contrairement à ce qui était promis (pas une tonne transférée de la route vers le rail), mais elles l’ont aggravée en accélérant le déclin de ce mode. Après dix ans d’expérience d’ouverture à la concurrence, le résultat est catastrophique. Jamais le rail n’a si peu transporté de marchandises en France (moins de 10 % de part modale aujourd’hui). Toutes les entreprises ferroviaires perdent de l’argent. Certaines ont jeté l’éponge (Véolia Cargo, Combiwest…) d’autres sont en difficulté (Eurocargo Rail, filiale de la Deutsche Bahn, a supprimé 300 emplois récemment). Les entreprises privées sont donc confrontées aux mêmes difficultés que l’entreprise publique et ne font pas mieux. Cette libéralisation aura donc conduit, en définitive, à l’abaissement des conditions sociales des cheminots dans leur ensemble, pour des résultats proportionnellement inverses à ceux attendus ; un report modal vers la route sans faire l’économie d’un euro d’argent public.

Le gouvernement veut EN FAIRE DE MÊME AVEC LE TRAFIC VOYAGEURS !

Aujourd’hui, le gouvernement poursuit cette logique de régression durable et veut ouvrir le transport de voyageurs à la concurrence, comme il l’a fait pour le fret il y a 10 ans. Il veut filialiser FRET SNCF pour en faire un opérateur privé et s’affranchir des conditions sociales des cheminots et faire du « cash ». Ce sont les mêmes motifs qui le conduise à vouloir ouvrir le trafic voyageurs à la concurrence dans les régions de France.
Le gouvernement doit répondre aux revendications des cheminots, aux préoccupations des élus, des usagers quant au devenir de leurs trains, de leurs gares, de leurs lignes ferroviaires, aux préoccupations des citoyens quant aux enjeux environnementaux !

 

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