Le sous-doué passe son bac

Le redressement « rapide » de Proservia, on oublie.

A son arrivée, «Le Directeur Général a entamé un marathon de déplacements sur les différents sites de Proservia pour y rencontrer les salariés ; au cours de cet exercice de communication & de séduction, il annonçait des pertes importantes pour l’entreprise, mais faisait trois annonces fortes :

 

 

 

 

 

 

Pour l’exercice 2018, Proservia a enregistré une perte de 5,9 M€. Malgré les beaux discours de campagne, aucun trimestre 2018 n’a été dans le vert. La dette Proservia envers le groupe Manpower s’élève maintenant à 22 M€.

Faut-il s’inquiéter pour nos emplois dans un avenir proche ? Non, car la direction Manpower continue de soutenir Proservia et n’a pas annoncé pour le moment
qu’elle changerait de cap. Mais il ne faudrait pas que cette situation s’éternise. Pas d’alarmisme, mais nous restons prudents.

Certains signes restent cependant encourageants. Sur certaines prestations (ex : l’assistance technique), la marge brute a progressé. Le redressement de l’activité commerciale répond présent (même s’il n’est pas aussi spectaculaire que promis par Le D.G.). Un gros contrat a été signé (Pôle Emploi), on espère que d’autres vont suivre.
Concrètement pour la direction, le redressement c’est pour quand ?

A la fin de son intervention, Le Directeur Général s’est montré plus mesuré qu’à ses début, il a déclaré que : « hors activité FIELD et nouveaux problèmes avec le gros client-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom, Proservia pourra être dans le vert en 2020. »

A noter que cette réponse change tous les 15 jours en fonction de qui pose la question.

La CGT souhaite bien entendu à au Directeur Général de réussir son pari, mais le manque de cohérence sur cette question cruciale le dessert sur le plan de la communication.

La CGT n’a jamais vu une entreprise fortement déficitaire se redresser en deux ans, il était temps de redescendre sur terre.

En pleine réunion C.E.,  Le Directeur Général perd ses nerfs.

Le Directeur Général est sorti de ses gonds en pleine réunion C.E. Un cadre dirigeant est censé garder son sang froid en toute circonstance (et surtout en public) ; hors le D.G. s’est mis a agresser verbalement un élu du C.E. qui lui demandait, à juste titre, des comptes sur sa gestion de l’entreprise et la perte de plusieurs de nos clients. Le D.G. s’est levé et approché de notre élu en lui demandant de façon agressive de prouver ses dires !

 

Video prise au cours du C.E. d’avril 2019

Notre élu lui a fait remarquer que devant cette question, Le Directeur Général se retrouvait dans le même cas que les salariés qu’il fait convoquer et qualifie de « low performer » (une façon polie de dire un boulet). Comme quoi il est désagréable de se faire reprocher des faits dont on n’est pas responsable !

En dépit des appels au calme, le D.G. « vert de colère », a continué d’invectiver notre élu. Le secrétaire du C.E. a été obligé d’intervenir pour faire cesser cette mascarade.

Que penser d’un D.G. qui pète un câble pour une simple question d’un membre du C.E. ? La question posée était gênante ? Pressions de Manpower pour ses résultats 2018 ?

Comme nous l’avons présenté dans notre dernier tract, 2/3 de l’effectif n’a pas été augmenté, et pourtant ces personnes devraient remercier Proservia et travailler deux fois plus ?
Comment motiver un salarié en le traitant de « low performer » ou en essayant de le pousser à la faute pour pouvoir le licencier ? Des démissions à la pelle, la perte de nombreuses compétences à tous les niveaux, l’embauche de jeunes salariés qui se retrouvent livrés à eux-mêmes, voilà où en est Proservia aujourd’hui !

Les experts mandatés par le C.E. sont formels : le redressement de Proservia ne se fera pas sans une amélioration de la politique RH.

Tout d’abord, il serait de bon augure par respecter les représentants des salariés, en commençant par leur dire bonjour quand on les croise dans le couloir, plutôt que de bouder.

La CGT espère que cet incident permettra au Directeur Général d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe réellement, et d’établir un vrai dialogue social avec les Syndicats, plutôt que de chercher la confrontation.

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.