Loi travail XXL, on n’en veut pas !

Leur objectif n’est pas de baisser le chômage, mais d’augmenter les profits !

Lors de la présentation par le gouvernement des ordonnances Macron, la réaction du MEDEF a été simple : « Bravo pour la méthode, bravo pour les mesures de création d’emplois, tout est bon dans cette loi pour les entreprises ».
Cet enthousiasme s’explique par l’objectif réel de cette loi abaissant de nouveau les droits des salariés : augmenter toujours plus les profits. Réduire le coût des licenciements, précariser les salariés pour qu’ils acceptent des salaires faibles et/ou des journées à rallonge, encourager le dumping social entreprise par entreprise, il n’est pas la peine de faire un dessin. Les bénéficiaires seront les profits des entreprises et les dividendes des actionnaires.
Cette soif de profits n’aura de fin que lorsque nous réagirons collectivement et massive-ment. Mais nous pouvons y mettre un terme, car c’est nous qui faisons tourner l’économie par notre travail et c’est nous qui pouvons la bloquer par nos grèves.

 

Et c’est elle qui est chargée du chômage ?

La Ministre du Travail Muriel Pénicaud a été épinglée cet été au sujet de son passé de DRH de Danone.
Et il y a de quoi ! En 2013, elle a réalisé une plus-value boursière de plus d’1 million d’euros suite à la flambée boursière de Danone consécutive à l’annonce d’un plan de 900 suppressions d’emplois.
En plus de son salaire de DRH (4,75 millions d’Euros entre 2014 et 2016), elle recevait aussi près de 17 000€ par mois de Business France qui est un établissement public payé par nos impôts. Business France est au centre de « l’affaire Las Vegas ». Cette campagne de promotion pour Macron alors ministre de Hollande.
En voilà un « belle » illustration : baisse du chômage ou augmentation des profits, le MEDEF et le gouvernement ont choisi depuis longtemps !

Tous les salaries sont concernés

LA PRÉCARITÉ ACCRUE

Règles de renouvellement des CDD établies par branche.
Les limites actuelles de 18 mois et de deux renouvellements pourront être revues à la hausse (sans aucune contrainte) par des accords de branche.

CDI de chantier ou « d’opération » dans toutes les branches !
Le gouvernement confirme que chaque branche pourra négocier des CDI de chantier (CDIC). Initialement prévus pour le secteur du bâtiment et élargis en 1993 aux entreprises « Ingénierie / Etudes techniques » de la Syntec, ces contrats sont rompus à la fin du « chantier ». En plus de l’élargissement à toutes les branches, la définition du « chantier » de « l’opération » pourra être négociée dans chaque branche.
Pour les salariés sous-traitants, c’est lourd de danger. Pour ceux qui n’étaient pas dans la catégorie Syntec / « Etudes Techniques », c’est le risque de voir débarquer des CDI de chantier. Pour ceux chez qui la possibilité existait déjà, c’est de voir les conditions s’élargir à tout type de mission et de devoir enchaîner les CDIC pendant des années.

LES LICENCIEMENTS FACILITÉS

Réduction des délais pour contester un licenciement.
Les délais passent de 2 ans à 1 an. Le but est de dissuader les salariés licenciés même quand ils sont dans leur droit.

Périmètre national pour un plan de licenciements d’une multinationale.
Il y avait encore quelques garde-fous pour empêcher les multinationales de mettre fictivement des filiales françaises en faillite alors que le groupe se porte bien. Ce serait maintenant fini. On n’avait pourtant pas l’impression que les multinationales avaient besoin de plus de libertés !

Plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif
Après avoir été censuré en 2015 par le Conseil Constitutionnel (loi Macron, comme c’est bizarre…), après avoir été retiré de la loi El Khomri suite à la mobilisation, ce plafonnement revient « par la fenêtre ». Que le salarié injustement licencié ait une famille à charge, ait des difficultés à retrouver du travail ou pas, le juge ne pourra pas aller au-delà d’un certain montant pour les dommages et intérêts. Les conditions matérielles de vie d’un salarié licencié pèsent bien peu face au « risque » que prendrait un employeur à ne pas respecter la loi.
L’employeur pourra calculer le gain à licencier un salarié avec de l’ancienneté et à le remplacer par un salarié plus jeune (et donc au salaire plus faible).

 

MOINS DE MOYENS DE SE DÉFENDRE COLLECTIVEMENT

Négociation dans les TPE/PME.
En dessous de 50 salariés, l’employeur pourra négocier avec un salarié non mandaté par un syndicat des accords moins favorables que l’accord de branche. On imagine les pressions…

Fusion des instances CE/DP/CHSCT.
Perte des moyens juridiques des CHSCT, risque de réduction du nombre d’élus.

 

TOUS EN GRÉVE LE 19 OCTOBRE

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *